Préparer une backyard n’a rien à voir avec le fait de préparer un trail ou un marathon. Contrairement à une épreuve classique où l’objectif est de s’entraîner au mieux à couvrir une distance donnée, pour une backyard, il faut se préparer à repartir, encore et encore. En effet, une backyard consiste en une boucle de 6,706 kilomètres à parcourir en une heure. Si tu effectues ta boucle en 48 minutes, tu disposes donc de 12 minutes pour boire, manger, te changer, te masser et faire une micro-sieste. Toutes les heures, un nouveau départ est donné, et ce, jusqu’à ce qu’un coureur effectue une boucle seul, après que tous les autres aient abandonné. Pour prendre le départ d’une nouvelle boucle, il faut avoir réalisé la boucle précédente en moins d’une heure. Telles sont les règles de ce jeu impitoyable et tellement ludique à la fois. Évidemment, tout le monde n’a pas pour ambition de réaliser 124 boucles (environ 831 kilomètres), comme les Belges Merijn Geerts et Ivo Steyaert, en octobre 2026, lorsqu’ils ont établi le record du monde de Backyard Ultra. Certaines personnes veulent simplement accomplir quelques boucles, et c’est pour cela que la durée d’un plan d’entraînement pour une backyard n’est pas la même selon les objectifs de chacun. Il faut néanmoins compter entre 12 à 16 semaines d’entraînement spécifique en moyenne pour préparer ce type de compétition avec, au programme, une bonne base d'endurance, d’alternance marche/course à pied et de séances tests accomplies en mode « mini-backyards », histoire de répéter son allure et sa routine de pause. Il faut aussi prévoir un entraînement de nuit si tu vises plus de 12 boucles.
Dans cet article, on fait le tour de la backyard : on te donne notamment des repères de durée de plan d’entraînement en fonction de ton objectif, de volume kilométrique hebdomadaire, de contenu de séances d’entraînement, de gestion de pause entre une boucle effectuée et un nouveau départ à venir, et de ravitaillement.
L’essentiel à retenir :
La durée de préparation de ta backyard dépend de ton objectif de boucles : il faut compter environ 10 à 12 semaines de prépa pour 6 boucles (environ 40 kilomètres), entre 14 et 16 semaines pour 12 boucles (soit environ 80 kilomètres), et 20 semaines et plus pour compléter un objectif de 24 boucles (100 miles).
Parce qu’en backyard, tu cours lentement, l'essentiel de ton volume d’entraînement est réalisé en endurance fondamentale et en alternant marche et course à pied.
La séance clé de ta prépa est la « mini-backyard » : une boucle de 6,7 kilomètres à réaliser au départ de chaque heure, et à répéter entre 3 et 6 fois pour tester ton allure, ta routine de pause, mais aussi ta digestion.
La pause qui survient entre une boucle effectuée et un départ à venir est ultra stratégique, il faut donc aussi s’y préparer avec sérieux. En plus de cela, au-delà d’un objectif de 12 boucles (et donc de 12 heures de course), il convient de s’entraîner à courir la nuit.
Enfin, il est primordial de respecter une période d’affûtage de 1 à 2 semaines, et de ne RIEN tester de nouveau le jour J.
Combien de temps faut-il pour préparer une backyard ?
La durée de ta préparation dépend avant tout du nombre de boucles que tu souhaites réaliser. Plus ton objectif est élevé, plus tu dois développer ta capacité à accumuler les kilomètres, à récupérer rapidement entre deux départs et à maintenir un effort sur la durée.
Les repères de durée par palier (6, 12 et 24 boucles) pour préparer une backyard
Les repères de durée par palier (6, 12 et 24 boucles) pour préparer une backyard
| Objectif | Distance cumulée | Durée indicative de préparation | Axes prioritaires de l'entraînement |
|---|---|---|---|
6 boucles | 40,2 kilomètres | 10 à 12 semaines | Endurance fondamentale, alternance marche/course, gestion de l'allure et des pauses. |
12 boucles | 80,5 kilomètres | 14 à 16 semaines | Endurance longue, régularité de l'allure, récupération entre les boucles et entraînement nocturne. |
24 boucles | 160,9 kilomètres (100 miles) | 20 semaines et plus | Résistance à la fatigue, gestion du sommeil, nutrition sur la durée, course nocturne et récupération. |
💡 Les durées de préparation sont indicatives. Elles dépendent de ton expérience en course à pied, de ton volume d'entraînement habituel et de ta capacité à récupérer.
Peut-on préparer une backyard en partant de zéro en course à pied ?
S’il y a bien un format d’épreuve accessible aux débutants comme aux coureurs les plus chevronnés, c’est la backyard. En effet, rien n’empêche une personne qui vient de commencer la course à pied de prendre le départ d’une backyard et de n’effectuer qu’une seule boucle de 6,706 kilomètres. Et si ton objectif est de réaliser plusieurs boucles, nous te recommandons d’avoir déjà bouclé un semi, puis un marathon, avant d’envisager la backyard sous le prisme de l’ultra ; et donc avec l’objectif de parcourir le plus de boucles possible. Et puis, quel que soit ton objectif, n’oublie pas que tu peux t’arrêter quand tu le souhaites. Rien ne t'oblige à atteindre 12 ou 24 boucles, voire plus !

Quel volume d'entraînement faut-il effectuer pour préparer une backyard ?
Comme précisé précédemment, ton volume d’entraînement hebdomadaire doit être adapté au nombre de boucles que tu souhaites effectuer, mais aussi à ton expérience en course à pied ainsi qu’à ta capacité à récupérer.
Combien d'heures d’entraînement faut-il réaliser par semaine pour préparer une backyard ?
Comme c’est le cas pour une compétition classique, plus ton objectif en backyard est élevé, plus tu dois habituer ton organisme à supporter une durée d'effort importante. Mais attention toutefois, on n’augmente pas son kilométrage hebdomadaire de but en blanc, sans respecter de progressivité : c’est le meilleur moyen de se blesser, et ça, on veut éviter !
Voici quelques repères qui peuvent t’aider à estimer la charge d’entraînement à prévoir pour ta préparation. Ces repères sont indicatifs et peuvent convenir à un coureur qui dispose déjà d’une bonne base d’endurance.
Combien d'heures d’entraînement faut-il réaliser par semaine pour préparer une backyard ?
| Objectif | Phase de développement | Phase spécifique | Semaines de pic | Affûtage |
|---|---|---|---|---|
6 boucles | 3 à 4 heures d’entraînement par semaine | 4 à 5 heures d’entraînement par semaine | 5 à 7 heures d’entraînement par semaine | 2 à 3 heures d’entraînement par semaine |
12 boucles | 4 à 5 heures d’entraînement par semaine | 5 à 7 heures d’entraînement par semaine | 7 à 10 heures d’entraînement par semaine | 3 à 4 heures d’entraînement par semaine |
24 boucles | 5 à 6 heures d’entraînement par semaine | 6 à 9 heures d’entraînement par semaine | 10 à 14 heures d’entraînement par semaine | 4 à 5 heures d’entraînement par semaine |
Pour information, la phase de développement correspond à la période au cours de laquelle tu construis une bonne base d'endurance et augmentes progressivement ton volume d'entraînement. La phase spécifique, elle, consiste à intégrer des séances proches des conditions de la backyard pour travailler l'allure, les pauses et l'enchaînement des boucles. Les semaines de pic désignent les dernières semaines de prépa, où la charge d’entraînement est la plus importante. Enfin, l’affûtage est la période précédant la compétition durant laquelle tu réduis progressivement ton volume d'entraînement pour arriver frais et reposé le jour J.
🎙️ Chez Campus, l'affûtage dure entre une et trois semaines, suivant la distance préparée. Plus la distance sera longue, plus l'affûtage sera, lui aussi, long. En effet, les séances de la phase spécifique étant plus conséquentes lorsqu’on prépare un format de course long, le corps a donc naturellement besoin de plus de temps pour bien récupérer.
Nicolas, coach Campus
Zoom sur la sortie longue et le « week-end choc »
Comme pour préparer un semi-marathon ou un marathon, la sortie longue occupe une place de choix dans ton plan d’entraînement. C’est notamment au cours de celle-ci que tu vas développer ton endurance, que ton organisme va optimiser sa capacité à utiliser les lipides comme source d’énergie, que tes muscles, tes tendons et tes articulations vont apprendre à supporter un effort prolongé, et que ton mental va se forger. Pour un effet décuplé, la sortie longue peut s’intégrer à ce que l’on appelle un « week-end choc ». Pendant deux jours, l’idée est de s’approcher au maximum de la fatigue physique et mentale que tu ressentiras lors de ta backyard en cumulant de nombreuses heures d’effort. Parce qu’ils sont particulièrement énergivores, ces week-ends ne s’intègrent que ponctuellement à ta préparation et doivent être réalisés à faible intensité. Enfin, notons que les sorties longues et les « week-ends chocs » sont également de bonnes occasions de tester (et de valider !) ta stratégie nutritionnelle et l’équipement que tu prévois de porter le jour de ta course.
Pourquoi faut-il mieux appréhender son entraînement en heures plutôt qu'en kilomètres (pour la backyard, du moins) ?
Pour une backyard, il est plus pertinent de raisonner en temps passé à courir et à marcher plutôt qu'en kilomètres parcourus. Pourquoi ? Tout simplement parce que le kilométrage ne reflète pas toujours ta charge réelle d’entraînement. Par ailleurs, parce qu’on entre dans une optique d’entraînement à faible intensité dans le cadre de la backyard, il est plus motivant de compter ses heures de course plutôt que les kilomètres parcourus, puisque ces derniers seront peut-être moins nombreux que ce à quoi l’on s’attendait. En effet, on a souvent tendance à associer le kilométrage à un chrono ; or, on veut justement ici apprendre à courir lentement et longtemps, pas le plus vite possible, car c’est contre-productif en backyard. Vois plutôt : si tu cours ta première boucle de 6,706 kilomètres en 25 minutes, tu disposeras de 35 minutes pour récupérer… Soit assez de temps pour que tes muscles se refroidissent et que ta motivation s'essouffle. Par ailleurs, les contraintes mécaniques sont plus importantes avec la vitesse, et tu risques donc d’éprouver des douleurs musculaires assez tôt dans la compétition. Pendant une backyard, tu dois être capable de rester en mouvement pendant de nombreuses heures, en observant des pauses régulières, et tout en conservant suffisamment d'énergie pour repartir à chaque nouveau départ. La backyard est un effort au long cours, où la patience est de mise, et cet apprentissage-là commence à l’entraînement, en renversant les boosts d’ego que l’on s’octroie volontiers en courant vite quand cela n’est pas nécessaire. Par ailleurs, courir au chrono plutôt qu’au kilométrage est une excellente manière d’adapter ton entraînement à ton terrain de pratique, puisqu’une sortie de 2 heures avec du dénivelé peut être beaucoup plus exigeante qu'une sortie de 15 kilomètres sur route.
Quelles séances faut-il effectuer pour préparer une backyard ?
Parce que la backyard ne ressemble à aucune autre course, on peut avoir tendance à penser que l’entraînement qui nous y mène est, lui aussi, original... Eh bien, c’est en partie vrai ! On t’explique.
L'endurance fondamentale et l’alternance marche-course
Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, une backyard doit s’effectuer lentement si l’on veut économiser ses forces et durer le plus longtemps possible sur le parcours. Aussi, sans surprise, la très large majorité de ton volume d’entraînement doit être réalisée en endurance fondamentale. Concrètement, cela consiste à courir à faible intensité, sans être essoufflé. C’est simple : tu dois être capable de tenir une conversation et terminer tes séances avec une moindre fatigue musculaire. Au cours de ces séances, tu es bien sûr invité à marcher dès que tu en ressens le besoin, dans les côtes, par exemple. N’oublie pas qu’en backyard, marcher n'est pas un aveu de faiblesse : c'est une véritable stratégie de gestion de l'effort ! Si tu ne sais pas comment intégrer la marche à ton entraînement, nous te proposons de courir pendant 50 minutes, puis de marcher pendant 10 minutes. De cette manière, tu te familiarises avec la gestion d’effort que tu devras mettre en place pendant ta backyard, que ce soit en marchant pendant la boucle ou en te reposant pendant les quelques minutes qui précèdent le départ de la boucle suivante.
La « mini-backyard » : la séance reine
Nous parlions tout à l’heure d’une séance originale dans le plan d’entraînement backyard, la voici : la « mini-backyard » ! Elle consiste à reproduire les conditions de ta compétition à venir en réalisant une boucle de 6,706 kilomètres (plus ou moins, on n’est bien évidemment pas au mètre près 🙏), au départ de chaque heure. Grâce à la « mini-backyard », tu peux trouver ton allure de course, apprendre à gérer tes pauses, à t'alimenter régulièrement et à repartir pour une boucle supplémentaire, même lorsque tes jambes commencent à fatiguer. Côté volume, ta « mini-backyard » peut comporter 3 boucles dans un premier temps, puis 4, puis 6, voire plus, et même être en partie accomplie de nuit. En effet, si tu vises 12 boucles ou davantage en compétition, il te faut, dans un premier temps, apprendre à composer à l’entraînement avec ce paramètre qui redistribue souvent les cartes. Attention toutefois, les « mini-backyards » doivent rester ponctuelles et suffisamment espacées pour te laisser le temps de bien récupérer.
Faut-il conserver du fractionné dans son plan d’entraînement ?
Pour progresser durablement, la variété est un axe essentiel de l’entraînement. À l’image d’une assiette composée de fibres, de féculents et de protéines que l’on qualifie de « variée » et « équilibrée », la pratique de la course à pied doit, elle aussi, être faite d’éléments variés pour s’équilibrer. Quelques séances légèrement plus rapides permettent ainsi d’entretenir tes qualités cardiovasculaires et musculaires. Mais inutile de multiplier les séances de VMA (vitesse maximale aérobie) ou les fractionnés très intenses : ils ne constituent pas la priorité de ta préparation et peuvent compromettre ta récupération s'ils sont trop nombreux ou mal placés dans ton programme.
Quid du renforcement musculaire ?
Sache une chose : on ne te déconseillera jamais d’intégrer du renforcement musculaire à ta routine sportive… et plus encore lorsqu’il s’agit de backyard. En effet, rien ne vaut un corps suffisamment renforcé pour résister à l'accumulation de fatigue. Tu peux, entre autres, te concentrer sur les zones suivantes : les quadriceps, les fessiers, les mollets, les muscles des pieds, les ischiojambiers et la sangle abdominale. Nous te recommandons de privilégier les exercices fonctionnels comme les squats, les fentes, les extensions de mollets, le gainage, et cætera. Veille toutefois à ne pas réaliser tes séances de renforcement les plus exigeantes juste avant une sortie longue ou une « mini-backyard ». Enfin, à l'approche de ta compétition, réduis progressivement la charge et le volume de renforcement musculaire pour optimiser ta récupération et arriver reposé au départ.
Comment s'entraîner à la pause, à la nuit et au manque de sommeil pendant une backyard ?
Si la difficulté première de la backyard n’est pas physique, elle est bien mentale. La complexité de cette épreuve n’est pas d’appréhender sa longueur, mais de ne justement pas savoir à l’avance combien de temps elle va durer. Lorsqu'on court, on se dit qu'on arrêtera à la prochaine boucle… puis, une fois celle-ci terminée, on se dit que, finalement, on repartirait bien pour un tour 🤡. La backyard nous fait cogiter et ne nous laisse aucun répit, même (surtout) pendant les pauses, même (surtout) pendant la nuit ; c’est une épreuve de patience, à bien des égards.
Construire sa routine de pause pendant une backyard
En backyard, la pause n'est pas un temps mort : elle fait pleinement partie de ta stratégie de course. Nous te conseillons de l’élaborer avec précision, minute par minute, et de la répéter lors de tes « mini-backyards » afin de construire des automatismes qui vont te permettre d’aller loin dans l’épreuve et d’optimiser ton temps de repos lorsque la fatigue s'installera.
Voici un exemple de routine pour une boucle réalisée en 50 minutes, avec 10 minutes de pause.
Construire sa routine de pause pendant une backyard
| Temps | Actions à réaliser pour optimiser ta pause entre deux boucles |
|---|---|
0 à 2 minutes | Rejoins ton emplacement, assieds-toi et consomme une première boisson. Ton espace de repos doit être rangé de manière à retrouver facilement tes affaires. |
2 à 5 minutes | Mange ton ravitaillement en privilégiant des aliments faciles à digérer. Idéalement, ton ravitaillement est préparé à l'avance dans des portions individuelles, afin que tu n’aies pas à réfléchir à ce que tu dois manger. |
5 à 7 minutes | Change de vêtements si nécessaire, vérifie tes pieds et prépare tes affaires (remplis tes flasques, prépare ton éclairage, et cætera). |
7 à 9 minutes | Va aux toilettes si besoin et prépare-toi mentalement au prochain départ. |
9 à 10 minutes | Rejoins la ligne de départ et mets-toi en position. |
Faut-il s'entraîner à courir de nuit pour préparer une backyard ?
Dès que tu envisages de courir 12 boucles ou plus, la question de la course de nuit se pose et, avec elle, toutes les problématiques qu’elle soulève. En effet, la nuit, généralement, nous dormons, et enfiler nos baskets n’est normalement pas au programme de notre organisme. Courir de nuit, c’est composer avec une perception du terrain altérée et des températures revues à la baisse ; c’est demander à son organisme d’ingérer et de digérer des aliments quand l’estomac est censé se reposer ; mais c’est aussi, et surtout, faire face à la fatigue. Ce dernier axe peut être particulièrement pénalisant en ce qu’il incite à ralentir et à perdre en vigilance. Pour habituer ton organisme et ton esprit à ces conditions particulières, tu peux intégrer des sorties nocturnes à ta préparation. Au cours de ces séances, tu pourras notamment tester ton éclairage, tes vêtements chauds, ton ravitaillement, ton allure de course et éprouver ta vigilance.
🎙️ Je conseille de travailler la course de nuit sur trois à quatre sorties, à deux horaires différents. Sur une sortie d’une durée de 4 à 6 heures, tu peux commencer de jour puis poursuivre en début de nuit (par exemple, entre 18 et 23 heures), ou bien débuter de nuit puis faire la bascule de jour (par exemple, de 3 à 9 heures du matin). Cela permet de courir de nuit sans passer la nuit entière dehors. J’ai personnellement déjà expérimenté le 22 heures/4 heures du matin, et je n’y ai pas vraiment trouvé d’intérêt. Les transitions jour/nuit et nuit/jour doivent être travaillées pour ne pas avoir de surprise. En effet, tous nos repères sont perturbés :
➡️ la vue met du temps à s'adapter au changement de luminosité ;
➡️ l'organisme respecte son horloge biologique et la faim survient généralement vers 19 ou 20 heures, ou vers 7 ou 8 heures ; on n'a pas l'habitude de manger entre ces deux tranches horaires-là ;
➡️ et dans une course de nuit, on commence généralement à avoir envie de dormir à l’heure à laquelle on s’endort habituellement.
Nicolas, coach Campus

Les micro-siestes : un remède miracle à tester avant le jour J
Lorsque les heures d’effort s'accumulent, le manque de sommeil devient un véritable enjeu. Une étude publiée en 2024 dans la revue PLOS ONE, menée pendant la Suffolk Backyard Ultra (backyard qui se déroule au Royaume-Uni), s'est justement intéressée aux effets du manque de sommeil sur les capacités cognitives des coureurs. Les chercheurs ont suivi 11 hommes ayant couru en moyenne 24 boucles. Après la course, ils ont notamment observé une dégradation de leur temps de réaction et de leurs fonctions exécutives (ensemble de processus cognitifs qui nous aident à adapter nos pensées, nos émotions et nos comportements face à des situations nouvelles ou complexes). Autre résultat intéressant : les participants qui déclaraient avoir mieux dormi au cours des sept jours précédant la compétition présentaient une dégradation cognitive moins importante.
Contrairement à un ultra-trail au cours duquel tu peux t’arrêter dormir une trentaine de minutes consécutives, voire plus (si la barrière horaire te le permet), pendant une backyard, tu ne disposes que de quelques minutes pour te reposer. Ce cours laps de temps peut être un véritable game changer s’il est utilisé à bon escient : pour réaliser des micro-siestes. Certains athlètes expérimentés comme Harvey Lewis ou Courtney Dauwalter en sont d’ailleurs adeptes. Courtney Dauwalter raconte même avoir été particulièrement surprise par les effets d'une micro-sieste de seulement une minute qui l’avait bien requinquée lors de sa victoire à la Moab 240, en 2017.
➡️ Ainsi, ce que l’étude précitée et la pratique des athlètes de haut-niveau en matière de micro-siestes nous apprennent, c’est qu’il est essentiel de faire des nuits complètes pour bien récupérer, et que l’on peut aussi s’entraîner à réaliser des micro-siestes lorsqu’on en a l’occasion. Et si tu ne parviens pas à t’endormir, ne t’inquiète pas : le simple fait de fermer les yeux et de relâcher tes muscles t’est bénéfique.
Comment manger et boire pendant une backyard ?
Quand on sait que, peu importe la distance parcourue et le format de course choisi, la nutrition est un pilier essentiel de la performance, on imagine bien que, sur une backyard — qui peut durer des heures, voire des jours — ce sujet est d’autant plus important. D’un point de vue énergétique, bien sûr, mais aussi psychologique, puisque la nourriture est un véritable réconfort lorsqu’on est privé de sommeil, que l’on court dans la nuit et que l’on est fatigué. Mais l’alimentation peut aussi devenir un calvaire lorsque l’organisme refuse d’ingérer ce qu’on lui propose… Et dans ce cas-là, ta course peut prendre une tout autre tournure.
Manger dès la première boucle, pas quand tu as faim
On sait que cela semble contre-intuitif, mais en backyard comme en ultra-trail, il ne faut (surtout) pas attendre d’avoir faim pour manger. Aussi, nous te recommandons de commencer à t’alimenter dès la première boucle, puis de manger régulièrement tout au long de l'épreuve. De cette manière, tu peux anticiper d’éventuelles difficultés à t’alimenter, notamment en raison de troubles digestifs. Par ailleurs, si tu attends d'avoir faim avant de manger, tu risques de prendre du retard sur tes apports énergétiques et de ne plus parvenir à les rattraper… Tu peux bien sûr alterner les aliments sucrés et salés pour éviter d’être écœuré par l’un ou par l’autre, mais aussi les textures liquides et solides, et surtout, adapter tes choix à tes envies (coucou les aliments plaisir 👋) et à ta tolérance digestive.
Quels apports énergétiques adopter par heure d’effort en backyard ?
En ultra-endurance, les besoins énergétiques varient considérablement d’un coureur à l’autre, selon le gabarit, l’intensité d'effort et la tolérance digestive de chacun. À titre indicatif, beaucoup de coureurs essaient de consommer 150 à 250 calories par heure d’effort. Mais attention, il n’y a pas que les calories qui comptent, les apports en glucides sont, eux aussi, déterminants ! Côté hydratation, on recommande en général de boire 500 ml d’eau par heure d’effort, mais cela peut être davantage en cas de fortes chaleurs. Pense également à adapter tes apports en sodium et en électrolytes à tes pertes sudorales et aux conditions de course ; pour ce faire, les boissons isotoniques sont idéales.
Tester (et valider) ton ravito à l'entraînement
Il va sans dire que ta stratégie nutritionnelle doit avoir été testée (ET validée) à l’entraînement. Il est vivement déconseillé de découvrir des aliments ou des boissons d’effort le jour J. Par ailleurs, ton système digestif doit, lui aussi, être entraîné à supporter des apports réguliers pendant plusieurs heures d’effort d’affilée. Les sorties longues et les « mini-backyards » sont de parfaites occasions pour t’entraîner sur ces points.
Dans une société où l’on veut tout, tout de suite, la backyard nous invite à ralentir, pour durer plus longtemps. Sur ce format de course imaginé par Lazarus Lake (le créateur de la Barkley Marathons), il n’est pas question d’aller le plus vite possible, mais de tenir dans la durée. Évidemment, cela ne convient pas à tout le monde, et en même temps, tout le monde peut s’y essayer, qu’importe son niveau. Bien sûr, il faut s’y préparer convenablement, et la durée d’un plan d’entraînement varie selon les objectifs de chacun. Mais à partir du moment où l’on est capable d’effectuer 6,706 kilomètres en une heure (en courant et/ou en marchant), on peut déjà accomplir une boucle. Alors, es-tu prêt à tourner en rond et à faire le tour de toi-même lors de cette épreuve mythique et démentielle ?
Auteur de l’article

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Manon a débuté l’athlétisme à l’âge de 15 ans. Elle pratique la marche athlétique pendant 6 ans et est sacrée championne de France junior du 10 000 mètres en 2013. Pour concilier son statut d’athlète de haut niveau et ses études, elle intègre un cursus sport études. Elle se consacre ensuite à la course à pied et, en 2018, signe un chrono de 3h06'57'' au marathon de Marseille. En 2023, elle remporte le marathon de Crète. Aux 6 heures de Vallet (sur un circuit d’un kilomètre), elle effectue 74 kilomètres. Elle remporte aussi des trails dans sa région natale (Pays-de-la-Loire). Manon exerce la profession de journaliste/rédactrice depuis 2019. Elle commence ce métier à la rédaction des sports du quotidien Ouest France, où elle rédige des piges sur le cyclisme et la course à pied. Elle travaille ensuite pour des marques et des magazines dans le secteur du running. Elle écrit pour Campus depuis septembre 2024 et publie son ouvrage "Cœurir, un hymne à la course à pied", en octobre 2025. 🎙️ “Le sport est ma passion commune et indissociable à l’écriture... car pour courir comme pour écrire, il faut un peu d'élan et cela nous apporte beaucoup d'inspiration !”
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