Comment rebondir après un abandon ou une déception ?

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Sommaire
L’abandon en course à pied : un tabou injustifié
😔 Pourquoi l’abandon est-il si redouté par les coureurs et les coureuses ?
🔎 L’abandon en quelques chiffres (sur trail et sur route)
Les causes les plus courantes d’abandon en course à pied
🤢 Les troubles digestifs : ennemi public numéro 1 des sportif(ve)s d’endurance
🤕 Douleurs et blessures : savoir s’arrêter
🧠 Le mental : quand la tête flanche
Les erreurs à éviter absolument après un abandon sur trail, ultra-trail, marathon, etc.
🔁 Ruminer et s’auto-flageller : le cercle vicieux
🫵 Chercher un(e) coupable à blâmer pour se défouler ou se dédouaner
💥 Repartir à l’entraînement sans prendre aucun recul (voire ajouter de la charge)
❌ Tout arrêter suite à son abandon
Savoir rebondir après un abandon en course à pied
🙏 Le jour J : relativiser et se reposer
🧐 L’heure de l’analyse : comprendre les raisons de cet abandon et en tirer les bonnes leçons
🚀 La remobilisation : revenir à l’entraînement intelligemment pour continuer à avancer vers ses prochains objectifs

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La course à pied, et le sport de manière générale, sont sources de nombreuses émotions. Si l’on court souvent après les plus positives, elles ne sont pas les seules à jalonner la vie des coureur(se)s. Aujourd’hui, on s’intéresse à l’abandon, à ses conséquences et à la meilleure façon de l’aborder pour mieux repartir.
Concrètement, les études en psychologie du sport montrent que l’échec perçu (comme un abandon) active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique, mais qu’une relecture constructive de l’événement favorise l’apprentissage moteur et mental. En sports d’endurance et plus précisément en ultra-trail, l’abandon n’est pas un marqueur d’incompétence mais une étape fréquente dans la progression à long terme, à condition de savoir réagir correctement.
L’abandon en course à pied : un tabou injustifié
“Mais non, tu vas y arriver ! ”, “Tu as peur d’abandonner la course ? Ne pense pas à ça !”. Voilà les réactions presque épidermiques lorsque tu évoques une crainte de ne pas parvenir au bout de ton objectif. Pourtant, l’abandon fait partie de la vie des coureur(se)s et doit pouvoir être évoqué de manière constructive.
😔 Pourquoi l’abandon est-il si redouté par les coureurs et les coureuses ?
La peur de l’abandon est largement liée au regard social et à l’ego.
Que va-t-on penser de moi si j’abandonne ? Vais-je décevoir mes proches ? Vais-je faire l’objet de moqueries ? Suis-je vraiment un(e) vrai(e) sportif(ve) ?
C’est une ombre qui plane impitoyablement au-dessus de la plupart d’entre nous, que nous préférons occulter tant l’échec (souvent matérialisé par un abandon) est coûteux mentalement.
Pourtant, les recherches sur la motivation (théorie de l’autodétermination) montrent que les athlètes qui interprètent un échec comme une information plutôt qu’un jugement maintiennent une pratique plus durable et progressent davantage.
🔎 L’abandon en quelques chiffres (sur trail et sur route)
Sur les épreuves d’ultra-trail, les taux d’abandon varient souvent entre 20 et 40 %, parfois plus selon les conditions météo et le dénivelé. Même chez les élites, l’abandon fait partie de la réalité physiologique de l’effort extrême.
L’exigence des épreuves, le niveau de plus en plus relevé et les aléas météorologiques jouent un rôle prégnant dans le risque d’abandon. Sur les sports d’endurance extrême tels que le trail long et l’ultra, l’abandon fait partie intégrale du jeu. C’est un risque qui doit être accepté et intégré mentalement pour ne pas devenir une épée de Damoclès menaçant chaque étape de la préparation et chaque kilomètre de l’épreuve. Ta charge mentale doit être utilisée de façon plus efficace !

Les causes les plus courantes d’abandon en course à pied
Concrètement, pourquoi abandonne-t-on sur une épreuve comme l’ultra-trail ?
🤢 Les troubles digestifs : ennemi public numéro 1 des sportif(ve)s d’endurance
Les troubles gastro-intestinaux touchent jusqu’à 60 à 90 % des coureur(se)s d’ultra selon les études. Ils sont liés à la réduction du flux sanguin vers l’intestin pendant l’effort, au stress, et aux erreurs nutritionnelles plus qu’à un manque de “résistance mentale”.
💡 C’est pour cette raison que chez Campus, nous intégrons du gut training (entraînement intestinal) à nos programmes d’entraînement. Bien se préparer, sur du long terme, c’est limiter les risques de désagréments qui peuvent te mener droit vers l’abandon.
🤕 Douleurs et blessures : savoir s’arrêter
La douleur est un signal biologique protecteur. Ignorer certains signaux augmente fortement le risque de blessure chronique. Les athlètes qui savent s’arrêter au bon moment présentent une longévité sportive supérieure.
Alors oui, que ce soit à l’entraînement mais surtout en course, écouter son corps et accepter de lever le pied, voire de s’arrêter, est particulièrement difficile. Mais c’est nécessaire pour espérer construire une base physique durable.
🧠 Le mental : quand la tête flanche
La fatigue centrale (cerveau) joue un rôle majeur dans la sensation d’épuisement. Sous stress prolongé, la perception de l’effort augmente avant que les limites physiques réelles soient atteintes. Ce n’est pas une faiblesse, mais un mécanisme de protection.
En ultra-trail, il faut apprendre à composer avec cette pression mentale qui s’accentue au fil des heures. Cela relativise un peu l’expression commune : “C’est dans la tête”. Alors oui, mais la tête peut elle aussi te jouer des tours !
Il faut apprendre à te connaître et à distinguer un épuisement réel d’une défaillance mentale provisoire. Cela se travaille à l’entraînement, mais aussi avec l’expérience. C’est typiquement un domaine dans lequel l’abandon peut servir de leçon et te faire progresser sur le long terme.

Les erreurs à éviter absolument après un abandon sur trail, ultra-trail, marathon, etc.
Tu as abandonné et rendu ton dossard. C’est un moment clé durant lequel tu dois absolument éviter certains écueils.
🔁 Ruminer et s’auto-flageller : le cercle vicieux
Quand tu viens d’abandonner, la tristesse se mêle souvent à la colère. C’est parfaitement normal. Le problème survient lorsque, quelques jours plus tard, parfois quelques heures, tu te refais incessamment le film, non pas de manière constructive mais enfermé(e) dans une bulle de négativité. Mais malheureusement, la rumination mentale est associée à une augmentation du stress, une baisse de la confiance et une récupération plus lente. Le cercle vicieux se verrouille et il peut être difficile d’en sortir.
👉 À l’inverse, une analyse factuelle réduit l’impact émotionnel et favorise l’adaptation future. C’est cette posture qu’il faut parvenir à adopter suite à un abandon.
🫵 Chercher un(e) coupable à blâmer pour se défouler ou se dédouaner
C’est le parcours qui était mal balisé, mon/ma conjoint(e) qui m’a empêché(e) de dormir, les ravitaillements qui étaient trop lights, les proches qui n’étaient pas aux bons endroits pour t’encourager, etc. Chaque coureur(se) peut trouver une multitude de facteurs externes susceptibles d’expliquer son abandon. C’est la réaction classique car elle permet de ne pas te remettre en question, partant du principe que finalement, tu n’y es pour rien.
Mais dans les faits, externaliser systématiquement la responsabilité empêche l’apprentissage. Les recherches sur la performance montrent que les sportif(ve)s progressent davantage lorsqu’ils se concentrent sur les facteurs contrôlables. Autrement dit, il vaut mieux que tu te concentres au contraire sur les éléments sur lesquels tu as une prise.
💥 Repartir à l’entraînement sans prendre aucun recul (voire ajouter de la charge)
Reprendre l’entraînement sans phase de récupération augmente fortement le risque de blessure et de surentraînement. Le corps et le système nerveux ont besoin de temps pour se régénérer après un stress extrême.
Prends le temps de te reposer comme si tu étais arrivé(e) au bout de l’épreuve. Recharge tes batteries et repars l’entraînement dans de bonnes dispositions physiques et mentales.
❌ Tout arrêter suite à son abandon
Une coupure totale prolongée après un échec est souvent liée à une perte de motivation à long terme. Maintenir une activité légère et progressive favorise le retour de la confiance et de l’envie.
Savoir rebondir après un abandon en course à pied
L’abandon n’est pas une fin en soi : c’est une étape qui doit s’inscrire dans un chemin sportif bien plus long.
🙏 Le jour J : relativiser et se reposer
Le repos immédiat permet une meilleure récupération hormonale et nerveuse. Accepter émotionnellement l’abandon réduit le stress et améliore la récupération physiologique.
Laisse tes ressentis se succéder sans jugement et accepte peu à peu la réalité de la situation. Dédramatise si besoin : à moins que tu ne sois un(e) athlète élite, tout cela reste du sport, malgré toute l’implication que l’on y met au quotidien.
🧐 L’heure de l’analyse : comprendre les raisons de cet abandon et en tirer les bonnes leçons
Les athlètes qui utilisent des débriefings structurés (nutrition, sommeil, allure, mental, matériel, etc.) transforment l’échec en données d’apprentissage, ce qui améliore significativement leurs performances futures.
Sois honnête avec toi-même : le but n’est pas de te juger mais d’analyser ta performance. Cette dernière ne te définit pas ! Il s’agit d’une course, d’un abandon. Revenir sereinement dessus pour comprendre et corriger ce qui doit l’être, voilà ce qui te garantira une progression sur le long terme.
🚀 La remobilisation : revenir à l’entraînement intelligemment pour continuer à avancer vers ses prochains objectifs
Un retour progressif, axé sur les sensations et non la performance, favorise l’adaptation positive. La confiance se reconstruit par des succès simples et répétés.
Ne te relance pas immédiatement dans un challenge relevé. Savoure ta reprise, tes sorties, ton retour à l’entraînement, ta reprise de l’intensité et ainsi de suite. La prochaine course ne sera qu’une étape supplémentaire dans cette remobilisation globale.

Dans les sports d’endurance, la progression n’est presque jamais linéaire. Les données scientifiques comme l’expérience de terrain montrent que les athlètes les plus solides mentalement sont souvent celles et ceux qui ont appris à transformer leurs abandons en étapes d’apprentissage plutôt qu’en échecs définitifs.










